Plus bcp de mises à jour ici, je sais, mais facebook a inévitablement remplacé skyrock, il faut l'admettre.
Enfin je vous offre en exclu ma rédaction du bac (la chance). Mon super correcteur a du bien lire ma copie vu que les fautes d'orthographes ne sont même pas corrigées
^^Sujet d'invention: à partir du texte de Proust : “
Le narrateur du Temps retrouvé croise une femme qu'il a aimée dans sa jeunesse et pour laquelle il conserve une vive affection. Il perçoit, sous ses traits vieillissants, les traces de sa beauté d'autrefois. En vous inspirant de l'extrait proposé (texte D), vous imaginerez la description qu'il pourrait en faire.Texte D - Marcel Proust,
le Temps retrouvé.Le Temps Retrouvé est le dernier tome d'À la recherche du temps perdu, vaste fresque dans laquelle l'auteur transpose l'expérience de sa vie. Retiré du monde depuis plusieurs années, le narrateur se rend à une soirée mondaine lors de laquelle il croise d'anciennes connaissances « métamorphosées » par la vieillesse.
Le vieux duc de Guermantes ne sortait plus, car il passait ses journées et ses soirées avec elle. Mais aujourd'hui, il vint un instant pour la voir, malgré l'ennui de rencontrer sa femme. Je ne l'avais pas aperçu et je ne l'eusse sans doute pas reconnu, si on ne me l'avait clairement désigné. Il n'était plus qu'une ruine, mais superbe, et moins encore qu'une ruine, cette belle1 chose romantique que peut être un rocher dans la tempête. Fouettée de toutes parts par les vagues de souffrance, de colère de souffrir, d'avancée montante de la mort qui la circonvenaient2, sa figure, effritée comme un bloc, gardait le style, la cambrure que j'avais toujours admirés ; elle était rongée comme une de ces belles têtes antiques3 trop abîmées mais dont nous sommes trop heureux d'orner un cabinet de travail. Elle paraissait seulement appartenir à une époque plus ancienne qu'autrefois, non seulement à cause de ce qu'elle avait pris de rude et de rompu dans sa matière jadis plus brillante, mais parce qu'à l'expression de finesse et d'enjouement avait succédé une involontaire, une inconsciente expression, bâtie par la maladie, de lutte contre la mort, de résistance, de difficulté à vivre. Les artères ayant perdu toute souplesse avaient donné au visage jadis épanoui une dureté sculpturale. Et sans que le duc s'en doutât, il découvrait des aspects de nuque, de joue, de front, où l'être, comme obligé de se raccrocher avec acharnement à chaque minute, semblait bousculé dans une tragique rafale, pendant que les mèches blanches de sa magnifique chevelure moins épaisse venaient souffleter de leur écume le promontoire envahi du visage. Et comme ces reflets étranges, uniques, que seule l'approche de la tempête où tout va sombrer donne aux roches qui avaient été jusque-là d'une autre couleur, je compris que le gris plombé des joues raides et usées, le gris presque blanc et moutonnant des mèches soulevées, la faible lumière encore départie aux yeux qui voyaient à peine, étaient des teintes non pas irréelles, trop réelles au contraire, mais fantastiques, et empruntées à la palette, à l'éclairage, inimitable dans ses noirceurs effrayantes et prophétiques, de la vieillesse, de la proximité de la mort."Je détournai la tête et contemplai la foule de gens qui m'entourait.
C'est alors qu'une silhouette accrocha mon regard. Jamais je n'aurai pu oublier cette silhouette, et même dissimilée sous le masque de la vieillesse je reconnus Emilie.
Je regardai ses cheveux. Autrefois très bruns, ils étaient maintenant parsemés de gris et de blanc. Emilie les avait relevés en un chignon serré, comme elle avait coutume de le faire dans sa jeunesse. Et, comme à cette époque, quelques mèches provocantes avaient déserté la masse noire et ondulée et tombaient autour de son visage.
Je m'attardai sur ce visage et le contemplai. En trente ans, ses traits s'étaient durcis sous le poids de la vie. Ses pommettes, autrefois roses et bombées, étaient devenues livides et creusées. Si je l'ai reconnue, c'est à ses yeux. Eux seuls avaient gardé leur douceur mais cette douceur résistait péniblement contre une armée de tristesse collaborant avec la douleur. Ses prunelles brillaient toujours, cependant, de cette flamme de persévérance têtue qui la caractérisait. Ses cils étaient encore très noirs et très denses, accentuant l'impression de révolte contre le temps que se dégageait de ses pupilles. Ses sourcils rappelaient la jeune Emilie que j'aimais. Eux aussi avaient gardé leur couleur et étaient restés épais. Ils apportaient une ombre qui masquait le brasier de souffrance brûlant des les iris verts.
Son front était barré d'une ride profonde que le souci avait creusée. Les années avaient également laissé leur empreinte indélébile au coin de ses yeux et de sa bouche.
Ses lèvres étaient moins rouges et moins pulpeuses que dans mon souvenir. La joie de son sourire d'antan livrait bataille aux plis amers de la commissure de ses lèvres. Elle se mit à rire à gorge déployée, de ce rire qui avait toujours été sa meilleure arme dans le bonheur comme dans la douleur. C'était ce rire moqueur, comme une insulte lancée à la souffrance qui, moi, m'avait désarmé. Cette hilarité donc la cause m'était inconnue réveilla en moi des sentiments oubliés, enfouis, perdus dans ma solitude. Ces mêmes sentiments, elle avait dû les abandonner au milieu de la peur. De la peur, non pas de l'ennemi, mais d'elle-même. Je le voyais à la façon dont elle se déplaçait à travers la pièce, d'un pas assuré mais discret. Elle n'avait plus ce pas gai, sautillant, presque dansant, que j'aimais tant.
Emilie avait toujours craint de ne pas être assez forte devant l'épreuve. Pourtant, elle relevait le menton, fière de ce qu'elle avait accompli, de ce qu'elle avait surmonté quand d'autres, comme le Duc, s'étaient laissés abattre, victimes de la déchéance de leur corps, fusillés par la dureté soudaine que la vie leur avait imposée. Elle avait dû perdre beaucoup pourtant car dans le sourire permanent qui fendait son visage on devinait une tristesse indicible. Dans sa démarche on sentait la lassitude, et à la manière dont elle se laissait tomber sur les chaises on savait que sous sa robe noire et ses apparences hautaines, ses jambes et son âme pliaient, comme terrassées par un fardeau trop lourd à porter. Son esprit devait être un champ de bataille où la force et la vitalité s'étaient alliées contre le temps et la mort.
Oui, elle avait essuyé de nombreuses défaites. Mais elle avait également remporté le plus belle des victoires : celle de survivre dignement, sans jamais faire preuve de lâcheté. Certains étaient tombés, puis s'étaient relevés. Tout en elle indiquait qu'elle avait combattu debout, face à la mort et face à la vie, sans jamais courber l'échine, tout comme elle le faisait devant chaque épreuve lorsqu'elle avait vingt ans et que nous nous fréquentions. C'était maintenant que le combat était fini qu'elle abandonnait toute cette vigueur qui la caractérisait.
Mon regard parcouru son corps et s'arrêta sur ses poignets frêles. Elle portait un bracelet sobre, de la même couleur que sa robe. Deux veines bleues saillaient sur chacun de ses avant-bras. Je pouvais presque voir le sang battre sous sa peau ivoire. Mon attention fut ensuite retenue par ses mains. Elles étaient blanches, mais d'un blanc terni. Ses longs doigts élégants se terminaient par des ongles taillés à la perfection. En apparence, ses mains étaient les mêmes qu'autrefois. Pourtant, au moindre mouvement, on découvrait qu'elles étaient abîmées, qu'un ongle était cassé, que des cals s'étaient formés sur ses paumes. Une trace rouge et écorchée faisait de tour de son annulaire gauche. Elle la regarda brièvement et pendant un instant une haine farouche remplaça la douceur conservée au fond de ses yeux et je vis sur son visage tous les ravages que la guerre avait faits et qu'elle s'efforçait de dissimuler derrière la forteresse de son ineffable sourire, seul rescapé de la lutte acharnée et vaine qu'elle avait menée contre la mort."
Verdict: 11/16 (haha j'ai eu 1/4 à la question XD) 11/16 soit 13.75/20
en rouge c'est le texte de départ, en comic mon texte